Dans le contexte actuel, dans la crise économique et politique mondiale que vit le système capitaliste, avec une classe
dominante toujours aussi attaché à ses intérêts, nous avons besoin d’une force politique pour être nombreux, rassemblés, organisés, pour lutter et gagner. Cette force c’est le parti
communiste.
A l’heure actuelle, un constat peut paraître évident : aucune force de gauche ne peut prétendre à elle seule reconquérir le pouvoir en France. Mais cela
n’est-il pas la solution de facilité pour nous ?
Il y a certes une grande crise de la gauche dans notre pays, plus largement de la politique et on peut dire aussi du PCF, mais dire cela nous aide-t-il à partir de
l’avant et à avoir comme objectif de reconquérir le pouvoir, ou même de le conquérir tout simplement ?
Nous avons besoin de porter des alternatives crédibles et pour cela les communistes doivent eux-mêmes être convaincus qu’elles sont non seulement nécessaire, mais
qu’elles sont possibles. Et une alternative est possible aux yeux des électeurs, si elle se donne au moins l’objectif de prendre le pouvoir (c’est ce qu’on appelle aussi l’effet « vote
utile »). Sinon c’est quoi, un veux pieu ? Une participation à un gouvernement social-démocrate ?
Non, notre ambition doit être vraiment à la hauteur de notre combat et nous avons besoin de l’assumer en tant que telle.
Dans la base commune il est assez bien dit, dans la partie DES CONSTRUCTIONS MAJORITAIRES POUR LE CHANGEMENT : « Notre objectif demeure une majorité, un gouvernement, une présidence de la République qui impulseraient une politique de
gauche porteuse de grandes réformes transformatrices. »
Le problème c’est qu’elle se dément quelques lignes plus bas : « La
gauche vit une véritable crise d’alternatives. […]. Cela concerne toutes les forces de gauches, dont aucune ne peut prétendre à elle seule
reconquérir le pouvoir … »
Mais justement c’est parce qu’aucune ne peut prétendre à reconquérir le pouvoir que nous devons être celle qui y prétend. Le PS glissant inexorablement vers le
centre droit peut-il reconquérir le pouvoir seul ? Non. Et nous avec lui ? Non plus. De même pour le camp de Besancenot, qui à pour objectif de prendre le pouvoir, mais comment, par
quelle révolution ? Sa volonté de prendre le pouvoir n’est qu’une façade qui n’a pas de débouché concret.
En ce qui concerne le parti communiste français, j’ai l’impression que cela est le mal du parti depuis au moins 1946, quand lors des législatives d’après la guerre,
le parti était la première force du pays et qu’il n’a pas pu ou qu’il n’a pas voulu assumer sa responsabilité seule de gouverner, aboutissant à un gouvernement d’union nationale composé de
communistes, gaullistes et socialistes.
Et en 1968, lorsque la France se soulève, 10 millions de personnes manifestent, où est le parti communiste français pour assumer la prise du pouvoir de la
République par les travailleurs ?
Ou encore avec le programme commun à la fin des années 70, avec la volonté assumée de conquérir le pouvoir avec les socialistes. Et on voit maintenant où ça nous a
mené. D’ailleurs les enseignements de l’expérience 81-83, n’ont pas été tirés rapidement puisqu’elle a conduit à une autre participation gouvernementale de 1997 à 2002 certes différente mais tout
aussi inefficace.
Pour finir sur le dernier événement majeur sur lequel j’ai envie de conclure. La présidentielle de 2007. Nous avons fait le choix au 33e Congrès, en
2006, de participer partout en France à la construction de collectifs antilibéraux en vue des campagnes électorales de la présidentielle et des législatives. Pourquoi n’avons-nous pas fait le
choix d’une candidature communiste dès le Congrès comme certains le proposaient ?
En fait, je crois que nous n’avons pas eu assez confiance en nous à ce moment là pour assumer un tel choix. Les collectifs antilibéraux se sont révélés être un
véritable piège et non un réseau utile à la victoire. Nous avons été aveuglés par la réussite des collectifs contre le projet de Constitution européenne qui nous avaient amené à la victoire au
référendum du 29 mai 2005.
Les enjeux n’étaient pas les mêmes. Et le rassemblement sur un même objectif de toutes les composantes de la bataille de 2005, était impossible pour la
présidentielle et les législatives qui suivaient. Je crois d’ailleurs que l’on a sous-estimé le poids des mécanismes institutionnels sur les organisations politiques. Et que les socialistes, les
verts, les trotskystes de Besancenot ou les antilibéraux de Bové, visaient aussi le devenir politique de leur organisation avec leur participation à l’élection présidentielle, élection majeure
dans le cadre institutionnel de la 5e République et les rétributions par le système de financement des partis politiques par les élections législatives.
Personne ne peut dire ce qui se serait passé si nous avions fait campagne pendant un an, pour la candidate Marie-George Buffet, depuis le Congrès au printemps 2006
jusqu’au 22 avril 2007. En comparaison, les quelques mois de campagnes que nous avons eu ont été dérisoires face aux deux années de Sarko-Ségo orchestrées médiatiquement. Mais malheureusement
encore une fois nous n’y avons pas cru.
Et pourtant, qu’elle organisation politique peut redonner espoir au peuple, l’espoir qu’un jour les luttes auront un aboutissement politique, une prise de pouvoir
fondée sur l’intervention populaire et le contrôle populaire ?
La seule force politique qui peut et qui doit assumer ce défi, c’est nous, c’est le Parti Communiste Français.
Le PCF est-il prêt, est-il organisé et structuré pour relevé ce défi ? Non, il n’est pas tout à fait prêt. Nous avons encore du travail sur la planche.
La base commune fait la liste d’un certains nombres de nos besoins actuels qui sont à travailler, recréer, voire même innover :
- Le militantisme dans les lieux de travail et dans les
quartiers
- La formation des adhérents, les écoles du parti
- La lutte revendicative en perpétuelle lien avec des perspectives
politiques, par le maintien des échanges et des influences entre la vie réelle, les aspirations populaires et la vie du parti
- Un parti toujours dans le combat idéologique de la lutte des
classes, pour travailler au rassemblement des classes populaires
- Un parti démocratique où chaque adhérent peut s’exprimer, où
toutes les conditions sont réunies pour débattre, décider, agir et analyser l’action accomplie, pour gagner en efficacité et en lisibilité.
Mais il ne suffit pas que cela soit réfléchit et écrit dans la base commune, débattu et adopté lors du processus du Congrès. Il faut que cela soit appliqué dans la
vie quotidienne du parti.
Contribution au 34e Congrès du PCF
Olivier Marzi
02/10/2008