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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 16:43

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C'est avec tristesse et émotion que nous avons appris le décès d’Assia Djebar, survenu ce samedi 7 février à Paris.  Elle avait été la première personnalité du Maghreb élue à l’académie française,en 2005. Née en Algérie, à Cherchell en 1936, elle avait choisi de faire du français sa langue d’écriture, et le moteur d'une œuvre romanesque habitée par « l'immense plaie » de la colonisation française et pleinement engagée contre la misogynie. Une femme de lettre et une grande intellectuelle  aux identités multiples qui nourrissaient son oeuvre entre l’Algérie et la France, entre le berbère , l’arabe et le français.

 Fille d'un instituteur , élève brillante, elle avait intégré, en 1955, l'Ecole Normale supérieure de Sèvres. Deux ans plus tard, elle publiait son premier roman, La Soif, premier texte  remarqué d'une bibliographie marquée aussi par Les Enfants du nouveau monde (1962), Les Alouettes naïves (1967), Femmes d'Alger dans leur appartement (1980), ou encore L'Amour, la fantasia (1987), et plus tard La Femme sans sépulture (2002) et Nulle part dans la maison de mon père (2007). Assia Djebar développe une oeuvre attachée au thème féministe, en puisant à sa propre existence, à l'expérience aussi de sa mère et à celle des femmes des générations antérieures. Abordant aussi l'histoire de l'Algérie, de la conquête francaise au XIXe siècle aux violences des années 1990, passant par la décolonisation. 

 Assia Djebar a été par ailleurs professeure d'université (en Algérie, puis aux Etats-Unis), auteur pour le théâtre et cinéaste (La Nouba des femmes du Mont Chenoua, 1978 et La Zerda ou les chants de l'oubli, 1982). 

Fatma-Zohra Imalayène, qui adopta très vite le pseudonyme symbolique d’Assia, en arabe «celle qui soigne» et Djebar, «l’intransigeance», hommage direct aux femmes algériennes, nous laisse en partage une oeuvre dense, remarquable,  qui garde la trace de cet entre-deux, entre deux rives, deux langues, deux histoires, deux mémoires, un entre-deux qui fait au final sa singularité. Une oeuvre qui continuera de nourrir nos esprits et nos coeurs.

Nous adressons nos pensées émues à nos camarades, Jalila Djennane fille d’Assia, Mohamed Djennane son gendre, notre secrétaire de section et Reda Yahiaoui. 

PCF Bagnolet 

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