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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 14:27

 

L’année qui vient de s’écouler aura fourni son lot d’enseignements sur la nouvelle majorité municipale désormais aux manettes.

Une cascade de reniements, de couacs et de fausses promesses. Et surtout le scandale du soutien à l’élu anti IVG, Jimmy Parat, coupable d’avoir piétiné les valeurs de Gauche  en traitant  les femmes ayant recours à l'IVG de « meurtrières » et de « barbares » lors d'une séance du conseil communautaire Est-Ensemble.  Monsieur Di Martino aura méprisé pendant 4 long mois  la mobilisation citoyenne avant d’être contraint au recul. Et il est fort probable que cela soit l’imminence d’échéances électorales qui l’ait enfin décidé à retirer  ses délégations à l'élu anti-IVG, qui reste tout de même membre  de sa majorité municipale. Le Maire de Bagnolet continue d’être enfermé dans les calculs politiciens,  les yeux rivés sur ses intérêts électoraux, alors que le sujet nécessitait en premier lieu  l’affirmation de nos valeurs communes de gauche, mais aussi  une capacité d’écoute, de prise de hauteur et un brin de courage politique. Gageons qu’il saura en tirer des leçons pour l’avenir, mais rien n’est moins sûr.

 

L’arbre du scandale Parat ne doit pas masquer la forêt des promesses de campagne non tenues par Monsieur Di Martino,  une fois installé dans le fauteuil de Maire. L’atermoiement chaotique de la mise en place des nouveaux rythmes scolaires, qui cette année pénalisera durement les écoliers de notre ville. Le Plan Local d’urbanisme promis  à coup de tracts tonitruants d’être revu et corrigé, maintenu quasiment en l’état, sans la moindre procédure de révision.  L’écologie passée par perte et profit.  Des locaux municipaux de l’Ecole Joliot- Curie censés être alloués à une utilisation publique, toujours privatisés par un club de boxe.  Le commissariat de plein exercice dont notre ville est toujours privée, malgré la recrudescence des problèmes de sécurité.  Une nouvelle dynamique participative dans la gestion municipale qui se résume à une simple  présentation de décisions prises ailleurs, sans prise en compte des réflexions des administrés, le tout enveloppé d’une   campagne d’autopromotion au parler « jeune », paradoxalement ringarde…

Un élément moins spectaculaire mérite que l’on y prête toute notre attention. La capacité de Monsieur Di Martino à reproduire ce qu’il   reprochait à  l’ancien Maire. C’est un  internaute bien avisé qui a souhaité nous alerter à ce sujet. Une initiative commémorative sur la guerre d’Algérie ,  organisée par un des plus fervents soutiens de Monsieur Everbecq,  s’est tenue grâce à l’aide amicale du Maire de Bagnolet. 

La vidéo visible en cliquant sur le lien en fin d'article , atteste de ces dires. On y voit « le maître de cérémonie » ex salarié attaché à la personne de Monsieur Everbecq, remercier chaleureusement l’aide municipale pour l’organisation de cette initiative. La vision de cette vidéo n’est pas très flatteuse pour le 1er adjoint, tant l’indigence de son intervention peut paraitre gênante voir choquante.  Lorsque l’on s’inscrit dans une tradition de gauche de soutien à la lutte pour l’autodétermination des peuples, et du combat pour la reconnaissance des crimes de la colonisation,  on ne peut qu’être affligé par cette manière de traiter de la guerre d’Algérie. Si bien évidemment il faut travailler à la concorde et l’union des peuples, et savoir dépasser les épisodes douloureux de l’histoire, cela ne peut se faire que dans le cadre d’une reconnaissance sans concessions  des réalités du colonialisme. Tout d’abord une guerre de conquête,  d’une extrême violence, puis un système de ségrégation, d’humiliation et d’exploitation.  La décolonisation a redonné sa dignité au peuple algérien, trop longtemps bafoué, peuple qui a payé un très lourd tribut en vies humaines.  Les suites ont été marquées par ces violences. La renaissance d’une  Algérie plurielle, réconciliée, et unie dans sa diversité, aura pâti des blessures et divisions de l’ère coloniale.  Mais un Etat et une nation algérienne se sont  édifiés.  Les profondes réformes démocratiques, capables de s’appuyer sur l’extrême vitalité de la société civile algérienne et  son pluralisme, restent  à gagner. Car plus de 50 ans après son indépendance, l'Algérie reste confrontée au même problème : la séparation entre le politique et le militaire.

C’est sur ce devoir de mémoire et le soutien aux démocrates Algériens que pourra s’édifier une relation faite de respect et de coopération entre deux pays qui ont tant en partage.

Or, dans cette vidéo, on entend le premier adjoint  parler de relations entre l’Algérie et la France qui datent de 1830 !!  Un resucée des discours coloniaux dont on se demande si Monsieur Hakem mesure la portée. Un viol colonial n’est en rien un début de  relation. Et vouloir contribuer à l’émergence de nouveaux liens entre les deux rives de la Méditerranée, ne peut évacuer le devoir de mémoire. En résumé, ni révisionnisme colonial, ni discours « bisounours » qui élude les réalités historiques. La parole de la majorité, sur un sujet si prégnant, aura encore une fois été plus qu’inappropriée.

Mais pourquoi donc Monsieur Di Martino a-t-il ainsi accordé une légitimité au représentant d’une association, si peu active dans le tissu associatif, voire  inexistante ;  association qui plus est, fruit d’un système passé qu’il n’a eu de cesse de vilipender pendant sa campagne ?

Ou alors on ne  le comprend que trop bien : il agit ainsi par  clientélisme, pratique qui mine notre démocratie locale, et qui apparemment  vaut bien un nouveau reniement. 

 

Pour visionner sur la vidéo de l'initiative cliquer sur link :link 

 


Kamel BRAHMI

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