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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 21:26

 

 

Le député de notre circonscription a décidé de briser l’union nationale, née des lâches et odieux attentats de fascistes intégristes qui ont ensanglanté Paris la semaine dernière, faisant 17 victimes et plongeant tout un pays en deuil.  Rien de scandaleux à être à rebours de l’unanimisme ambiant, le débat démocratique doit reprendre ses droits notamment sur les réponses à apporter pour ne plus revivre ces ignobles tueries. Encore faut-il que cela soit pour de bonnes raisons. Et quelle ne fut pas notre surprise, mauvaise et pas trop surprenante pour être tout à fait honnête tant ce jeune parlementaire nous a habitués aux sorties de route,  à l’écoute de ses déclarations.

Monsieur le député a ni plus ni moins  stigmatisé à outrance notre ville.  "Il y a eu des lâchetés certains ont flatté le communautarisme pour des objectifs électoraux". « Certains élus locaux ont négocié des mosquées contre des voix » figurent parmi les saillies médiatiques de Monsieur Hammadi.

Propos qui ne manquent pas de saveur,  lorsque revient le souvenir des législatives de 2012  où Monsieur Hammadi a fait activement campagne, dans et aux portes des mosquées de Bagnolet. Distribuant notamment des tracts à la sortie de la prière du vendredi, se plaisant à lâcher quelques mots amicaux en arabe aux fidèles, tout en vilipidant d'islamophobes, de manière éhontée et irresponsable, ses concurrents de gauche. Chacun jugera du caractère éminemment républicain de ce type de démarche. Mais peut-être faut-il entendre « certains ont flatté le communautarisme pour des objectifs électoraux » comme une sincère autocritique ?

Au-delà de pointer injustement du doigt notre ville, et de mettre un coup de canif dans le travail de rassemblement des bagnoletais pour la défense commune des valeurs républicaines, Monsieur Hammadi fait insidieusement le lien entre le fascisme intégriste qui a semé la mort la semaine dernière et la possibilité d’offrir aux musulmans pratiquants des lieux dignes pour exercer leur culte. Il n’y a eu aucune « négociation »  pour les mosquées, mais une longue discussion pour créer les conditions de la création de lieux de culte dont étaient privés les pratiquants de la foi musulmane de Bagnolet ( avec un vote à l'unanimité des forces républicaines du conseil municipal de l'époque). Monsieur Hammadi parle de ce qu’il ne connait pas, ce processus ayant été amorcé bien avant que la rue de Solférino ne décide de son parachutage. Monsieur Hammadi instrumentalise une question en la diabolisant, alors  qu'elle est parmi les réponses à apporter au sentiment de relégation, de discrimination et de déni d’égalité. Qu’on le veuille ou non la revendication de sortir de « l’islam des caves » fait partie du débat public, depuis de très nombreuses années. Et y répondre est de bonne politique et contribue à renforcer la confiance et l'adhésion de tous en notre République, qui traite chacun à l’égal de son prochain, et ce dans le strict respect de la laïcité. Une République qui se doit d'être intransigeante sur les principes d'Egalité, de Liberté et de Fraternité.

Bagnolet a besoin de l’égalité des droits, de veiller à la liberté de croire ou de ne pas croire, de mesures capables de donner des perspectives à tous singulièrement à sa jeunesse, et pas de pompier pyromane qui agite des peurs, pour masquer leur incurie.  L’un des enjeux est aussi de redonner confiance et espoir dans l’engagement politique. Car les réponses ne peuvent être que politiques et devront s’appuyer sur une large adhésion populaire pour éviter les mesures sécuritaires, stigmatisantes ou aveugles aux réalités économiques, politiques et sociales de la France de 2015 qui non seulement sont condamnées à échouer mais, qui plus est, sont des pas supplémentaires vers les catastrophes de demain.  Et pour redonner sens et envie dans la chose politique, il est plus que jamais nécessaire d’avoir des élus qui cessent de s’occuper de luire pour s’occuper de nous, n’est-ce pas Monsieur le député.

 

Kamel BRAHMI

 

 

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