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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 16:46

 

 

 

La question des rythmes scolaires n’a cessé et ne cesse de susciter déception et colère des enseignants, des parents et de l’ensemble des acteurs de l’éducation. Cette réforme ne permet pas de répondre aux aspirations de nos concitoyens à une éducation ambitieuse pour leurs enfants. Nous en sommes convaincus, l’école de la réussite de tous doit se faire durant le temps scolaire obligatoire assuré par l’Education Nationale. C’est la condition de l’égalité sur tout le territoire national. Au contraire, la réforme des rythmes éducatifs favorise la territorialisation de l’éducation et porte en elle l’accroissement des inégalités entre les communes et donc entre les enfants du pays. Elle installe la confusion entre les missions du service public d’éducation nationale et celles du périscolaire. Elle prétend œuvrer pour que tous les enfants aient accès à un loisir éducatif de qualité. C’est une belle ambition que cette réforme ne permet en rien  de réaliser. Elle fait en effet du temps périscolaire un substitut aux heures d’écoles supprimées par la droite. Or, les loisirs éducatifs sont un domaine spécifique, différent de l’éducation scolaire. Enseignant et animateur sont deux métiers distincts qui ne doivent pas être mis en concurrence. Les communistes ne cessent de demander avec force la réouverture de la réflexion sur les temps éducatifs dans le dialogue et la négociation avec l’ensemble des acteurs concernés. Et les événements liés à l’application de cette réforme dans des villes démontrent l’extrême justesse de notre conviction que l'on ne répètera jamais assez : l’école de la réussite de tous doit se faire durant le temps scolaire obligatoire assuré par l’éducation nationale. C’est la condition de l’égalité sur tout le territoire national. 

Tout en continuant à porter ses convictions, pour la refondation de notre Ecole Publique et pour obtenir les moyens nécessaires à l’accomplissement de ses missions, nous refusons de subir une décision qui serait imposée à notre Ville par les autorités de l’Education Nationale.

C’est pourtant le choix qui a été fait par l’actuelle majorité municipale. Lors de la réunion publique d’hier soir, le Maire a informé la population d’une décision qui sacrifie l’intérêt de nos enfants. Monsieur Di Martino ne présentera pas de copie au directeur académique de l’Education Nationale pour se conformer au décret sur la réforme des rythmes scolaires. En clair, Bagnolet sera dans l’obligation d’appliquer une loi, sans y être préparé. Le temps de la réunion d’hier soir, aurait dû permettre une véritable concertation sur un projet présenté par la Mairie. Nous aurions pu échanger sur la question du périscolaire, son contenu, les moyens qui y seraient consacrés.  Il aurait été ambitieux de débattre sur le sujet des rythmes de l’enfant, sur l’importance de les prendre en compte, sans conclure qu’ils régleraient à eux seuls les causes de l’échec scolaire.  

 Des parents d’élèves ont pourtant exprimé des attentes sur le contenu concret de la prochaine rentrée. D’autres responsables du monde culturel et sportif  de la ville, escomptaient avoir des éléments d’information pour appréhender la future organisation des activités qu’ils proposent aux enfants. Une occasion plus que gâchée car de tout cela il n’en fut rien. Le Maire a tenté d’utiliser cette réunion publique, comme une nouvelle tribune de campagne électorale pour faire le procès de la mandature précédente. Une soirée hors sujet, et inquiétante. Certes les difficultés existent. Certes cette loi n’est pas bonne. Rappelons au passage que le candidat Di Martino la soutenait énergiquement lorsqu’il était simple conseiller municipal. Les hommes politiques peuvent changer, parfois pour le mieux. Mais un élu se doit d’assumer ses responsabilités. Il est possible de mobiliser contre ce projet et pour une école de l’égalité et de la réussite pour tous, tout en préparant un scénario pour éviter à nos enfants et aux agents communaux une rentrée difficile. Et il y a fort à craindre car alors que l’année scolaire s’achève, les services municipaux ne sont en rien mobilisés. Le personnel est dans le flou le plus total.

Nous ne pouvons que juger sévèrement ce qui s’apparente à une très regrettable posture qui fait fi des inquiétudes des parents d’élèves et du devenir de nos enfants. Car par ailleurs cette majorité reste dans l’incantation sur son refus d’appliquer cette réforme, puisqu’aucune initiative de mobilisation associant les parents et la communauté éducative n’a été proposée. Un parent d’élève a suggéré une initiative de lutte, que le Maire a dénigré et évacuée. En résumé un jusqu’au boutisme qui mènera inexorablement à l’impasse. Le Maire a refusé de discuter d’un plan B, et propose en fait à ses administrés un plan C….comme Catastrophe annoncée.

 

Kamel BRAHMI

 

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