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La cérémonie des vœux de la section du PCF et du groupe communiste a rassemblé plus de 200 personnes. Une ambiance chaleureuse pour
passer des vœux à l’action en cette année de grandes échéances électorales. Nos candidats aux élections législatives, Jean Pierre BRARD et Emeline Le Bère, ont ainsi pu développer leurs
positionnements et arguments politiques pour ces élections, dont l’un, pas des moindres, est de faire enfin rentrer Bagnolet à l’Assemblée Nationale ! La voix des habitants de Bagnolet
manquait cruellement d’un relais au sein de la représentation nationale, une anomalie qu’il est temps de corriger !
Cette soirée a permis à 11 personnes d’adhérer au Parti Communiste et de récolter de très nombreuses signatures d’appel à voter pour nos
candidats du Front de Gauche.
Nous mettons en ligne ci-dessous, les textes de l’introduction de Kamel BRAHMI, secrétaire de section, et du discours d’Emeline Le Bère,
Adjointe au Maire et candidate suppléante aux législatives.

Vœux de la section de Bagnolet du Parti Communiste Français.
Intervention de Kamel BRAHMI, secrétaire de section.
Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades,
Je vous présente, à toutes et à tous, mes meilleurs vœux pour cette nouvelle
année.
Les militants de la section qui ont organisé cette réception se joignent à moi
pour vous remercier d’avoir répondu à notre invitation. Je salue la présence de Jacqueline Chonavel, Maire Honoraire, et André Aragnouet, 1er Maire Adjoint Honoraire.
L’année qui s’est achevée aura été le théâtre de bouleversements importants. Les
révolutions dans les pays arabes, la crise économique qui fait mal aux peuples et accélère la redistribution des cartes au niveau international.
Ce fut une année de révoltes contre des dictatures politiques, mais aussi contre
la dictature du libéralisme économique. L’Europe a connu de puissants mouvements sociaux. Les indignés en Espagne, les grandes manifestations en Grèce contre l’austérité, pour ne citer que
quelques exemples. En France aussi, des batailles politiques et sociales ont affaibli le pouvoir en place. Mais à cette colère populaire, le camp d'en face n'a répondu que par encore plus de
libéralisme. On ne cesse de parler compétitivité pour dans les faits, tenter de masquer la casse de nos outils de solidarité. Il y a urgence à imposer une alternative politique. Pour toute une
génération, la crise ce n’est pas une parenthèse, mais une réalité constante. Des années d'angoisse sociale qui, à terme, peuvent créer du fatalisme. C’est pour cela que le Front de Gauche a
résolument tourné son engagement vers le combat, pour que l’humain prime avant tout ! Cette crise nous donne paradoxalement un avantage idéologique, le consensus autour du libéralisme ne
cesse de s’effriter. L’enjeu est de concrétiser l’essai, de marquer les consciences, pour que la révolte s’exprime dans les urnes. Et nous ne manquons pas d’arguments. Nous ne vivons pas au
dessus de nos moyens, comme certains cherchent à le faire croire. Depuis les années 70, nous avons connu une prédation accélérée des investisseurs financiers et des dirigeants sur les entreprises
et leurs salariés. Les salaires ont stagné, alors qu’on vivait une période d’explosion de la productivité, grâce à l'informatique. Il faut donc dire avec force que ce sont les dirigeants des
grosses entreprises et les actionnaires qui ont vécu et continue de vivre au dessus des moyens des salariés.
Notre ennemi c’est aussi la tentation du vote de l’extrême droite. La classe
populaire en souffrance est désabusée. Il nous faut entendre ce ras le bol, porter cette colère mais surtout cette aspiration à une vie digne, qui offre des perspectives d’avenir. Il nous faut
convaincre que voter le Pen c’est voter contre soi. Sur la justice sociale, le parti de Marine Le Pen c’est la droite Sarkozyste en pire. Pour l’un comme pour l’autre, il ne s’agit de rien
d’autre que de stigmatiser les plus faibles et les opposer, de manière à garantir aux puissants, qu’ils conservent puissance et richesse. Nous avons un énorme travail à effectuer pour convaincre
de ne pas se tromper de Front, de voter Front de gauche, la gauche déterminée à œuvrer à l’amélioration des conditions de vie des classes populaires.
Combattre la droite et l'extrême droite, être une force de rassemblement
populaire au cœur de la gauche, pour une gauche de combat qui affronte la finance et tous les égoïsmes quelque soit leur puissance, c'est l'ambition du Front de Gauche. A l'image de notre
candidat aux élections présidentielles, Jean-Luc Mélenchon, nos candidats aux législatives, sont habités par la même énergie pour défendre les intérêts du peuple de nos territoires. Avec
Jean-Pierre Brard et Emeline Le Bère, nous voulons faire entrer Bagnolet à l'Assemblée Nationale ! Notre ville a de formidables atouts. Il y a ici des difficultés mais surtout de grandes
potentialités. Un souffle populaire à la fois riche et exigeant qui a besoin d'un point d'appui au plus au niveau des institutions. Ce point d'appui nous a manqué ces dernières années. Notre
ville profondément de Gauche subissait pourtant une liaison très distante avec son ancien représentant à l'Assemblée Nationale. Avec Jean-Pierre Brard, nous avons la chance d'avoir un candidat
d'une grande proximité. Un député qui connait aussi bien les couloirs de l’Assemblée que nos quartiers populaires. Un homme connu et reconnu pour sa capacité de travail, sa pugnacité, la force de
son verbe qui dénonce sans pareil les injustices, et porte des alternatives. Les convictions fortes de progrès de Jean-Pierre Brard, l’expérience du terrain d’Emeline Le Bère, les liens resserrés
avec notre Maire, Marc Evebecq, ce travail collectif aura sans aucun doute des conséquences positives sur le développement de notre ville. Mais pour cela nous avons besoin de la mobilisation de
tous. Pour soulever des débats que certains cherchent à abimer. Vous avez sûrement eu écho de cet acte lâche et méprisable, ce mail anonyme, qui salit notre démocratie locale. Le débat
démocratique est un bien précieux. Nous sommes très attachés à sa clarté, à son respect. Nous soutenons les actions de la majorité municipale et du Maire qui ont condamné ce type de méthode et
redonné de la dignité à l’expression démocratique locale. Nous saluons la prise de position sans concessions de l'Union Locale CGT. Cette manœuvre dilatoire ne nous détournera pas du sens de
notre engagement. L'engagement politique au service du bien public.
Le Parti communiste au sein du Front de Gauche souhaite tout faire pour permettre
l'intervention citoyenne. La pratique politique active du plus grand nombre. Faire en sorte qu'un maximum de personnes participe, anime la campagne des présidentielles et des législatives. Et
pour permettre à ces centaines de personnes de s'engager concrètement dans cette bataille. Pour jeter Sarkozy hors de l'Elysée, réinventer la gauche, nous avons un atout : nos militants, nos
élus. Qui dans leurs activités respectives donnent de leur temps au service de l'intérêt général et militent dans la proximité. Cette force a commencé à se mettre en mouvement. De belles
initiatives ont eu lieu. Et je vous annonce une prochaine initiative le 2 février à la salle des mariages de la Mairie. Un débat sur les réponses à la crise. Autre rendez vous départemental à
inscrire dans vos agendas. Le 9 février au Blanc Mesnil Jean-Luc Mélenchon tiendra meeting au Blanc Mesnil. A ce propos, le succès des Meetings de Jean-Luc Mélenchon oblige le Front de Gauche à
augmenter les capacités d’accueil des salles. Ce qui augmente les frais de campagne. Une souscription nationale a été lancée. Sur ce terrain là les capitalistes ne nous feront pas de cadeau,
seule une chaine citoyenne pourra soutenir notre campagne.
Les défis que nous souhaitons relever vont nous amener à augmenter le rythme de
ce mouvement, à faire grandir ce rassemblement. Nous avons besoin de votre engagement. Pour convaincre, au quotidien, un à un les salariés, les citoyens, les jeunes qui s'interrogent, de venir
nous rejoindre pour construire "un tous ensemble" porteur d'espoir. Une dynamique populaire dont la gauche aura besoin pour ne pas décevoir. Gagner et réussir ne sera possible qu'avec un corps
social fortement mobilisé. Cher amis, nous sommes une force qui parfois se minore. En ces temps où les capitalistes sont plus attachés à une fichue note qu'à la souveraineté des peuples,
rappelons leur que le mot camarade, lui, ne perdra jamais son triple A. Diffusons cet esprit fraternel pour faire grandir le rassemblement populaire.
Je vous remercie,
Vœux de la section de Bagnolet du Parti Communiste Français.
Intervention d’Emeline Le Bere, candidate suppléante aux élections législatives de juin
2012.
Chers amis, chers camarades, chers présidents d’associations, cher Jean Pierre
C’est avec plaisir que je suis avec vous ce soir à cette cérémonie des vœux du Parti Communiste et des élus communistes
de bagnolet et je vous présente les miens, chaleureux, fraternels, humains pour vous et vos proches. Mais je veux, aussi, nous souhaiter mille luttes d’espoir, de réussite et de changement, et
mille succès contre la finance, contre ce capitalisme si féroce, contre Sarkozy, et sa clique, contre les Le Pen et leur haine ! Et comme nous sommes à Bagnolet, je ne peux résister au
besoin de nous souhaiter des vœux de réussite à nos projets contre la bêtise et la rancœur qui font tant de mal à nos concitoyens !
Chers amis et Camarades, vous ne le savez peut être pas, mais le 24 janvier dernier, pour la première fois depuis 30
ans, Bagnolet a été cité dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale par Jean Pierre Brard. Je vous assure, nous avons vérifié, ce n’était pas arrivé depuis 1981. C’est comme si nous avions été
rayé de la carte de France.
Il n’est pas question en disant cela, de chauvinisme exalté, mais de nos exigences, de nos aspirations, de faire
entendre et respecter la voix des bagnoletaises et des bagnoletais.
Alors, ce soir, permettez moi d’évoquer avec vous quelques sujets que je voudrais porter dans la campagne des
législatives, des sujets qui nous concernent à Bagnolet, qui sont ceux dont parle les habitants, qui sont notre ville.
Vendredi dernier, alors que nous diffusions les tracs du Front de Gauche lors d’un porte-à-porte, rue raymond lefebvre,
une dame m’a interpellée. Elle disait être contente que des travaux, des constructions nouvelles aient lieu, mais aussi s’en inquiétait. Les loyers allaient-ils augmenter ? Ne lui
faudrait-il pas partir ? En fait elle avait peur que Bagnolet ne devienne inaccessible pour ses habitants.
Elle n’est pas la seule à dire cela, et je suis persuadée que beaucoup pensent comme elle. Oui dans une ville comme la
notre, aux portes de Paris, ou les habitants sont modestes, beaucoup redoutent, si il y a trop de changements, de constructions nouvelles, de développement économique que la ville ne soit plus
abordable et d’être obligé de partir, relégué plus loin.
Et, en plus, convenons que protéger des familles fragiles, des petites gens, ce n’est pas ce qui se fait partout dans
les villes aux portes de Paris. Regardez, demandez à Jean Pierre ce qui se passe aujourd’hui, à Montreuil.
Et puis disons le, tout net, c’est le choix délibéré de certains politiques, de transformer nos villes, d’en changer la
composition sociale pour laisser ainsi libre cours à la spéculation immobilière!
Parce que, vous savez, le renouvellement urbain, la rénovation, ça n’a jamais été la priorité des promoteurs et des
spéculateurs. Pour eux, il est moins coûteux de construire sur les parcelles libres plutôt de réhabiliter, ou de reconstruire. Pour eux, la seule condition du renouvellement, c’est rentabilité et
la spéculation effrénée.
Alors, pour l’avenir de nos villes, nous n’aurions le choix soit de livrer le territoire aux spéculateurs qui imposent
leur loi du marché, soit de ne rien changer et de laisser la situation se dégrader.
C’est inacceptable !
Au contraire, notre projet, l’ambition que nous portons notamment, avec l’équipe municipale et avec Marc Everbecq, notre
maire, c’est de tout faire pour transformer la ville avec et pour ses habitants.
Alors, la tache n’est pas simple, cette femme me disait qu’un de ses enfants avait eu la proposition de louer un studio
dans le privé sur Bagnolet à plus de 800 euro par mois ! On ne peut pas accepter cette spéculation orchestrée par les banques et propriétaires qui veulent faire du fric sur le dos des
petites gens. Nous ferons tout pour contrecarrer cette loi du profit facile, cette volonté d’apprentis rentiers ! D’abord en construisant encore et toujours des logements sociaux, malgré le
désengagement total de l’Etat. Ensuite en se battant contre les pouvoirs publics pour avoir les moyens de construire au plus faible coût avec la meilleure qualité.
Cela permettra de ne pas proposer des loyers hors d’atteinte pour les jeunes, les retraités, pour ceux qui travaillent
et ceux qui sont privés d’emploi. Oui, nous nous battrons pour que Bagnolet reste la ville dans laquelle vous vivez et pour laquelle nous rénovons parce que vous aussi vous avez le droit à la
qualité !
Je le dis tout net : il n’est pas question de changer la population comme cela se passe ailleurs ! Non, c’est
aussi mon ambition de communiste de porter ces projets avec mes camarades pour un vrai renouveau urbain.
Dans le même temps, il nous faut travailler à donner un nouveau souffle au développement économique pour ramener de
l’emploi sur notre territoire, pour avoir des ressources financières nouvelles pour construire notre avenir.
Vous l’avez vu, hier, le Parisien, faisait sa Une sur les collectivités, qui étranglées par les banques, n’auraient plus
les moyens de réaliser les équipements publics. Le président de l’association des Maires de France l’avait annoncé quelques semaines plutôt : « sur les 22 milliards de prêts sollicités
par les collectivités locales en 2012, seuls 10 à 12 milliards seront effectivement prêtés par les banques »
Quand on sait que les collectivités territoriales financent plus de 70% des investissements civils du
pays, nous ne pouvons qu’être inquiets des conséquences terribles sur le développement économique de notre pays, sur les services publics, sur l’emploi, et par conséquent sur les familles et le
pouvoir d’achat.
On ne peut qu’être inquiets aussi pour nos villes, en seine saint denis, qui, ont déjà été tellement
oubliées par les politiques nationales et qui ont besoin, plus que jamais, de financements nouveaux.
Non, nous ne pouvons pas attendre que la crise passe, nous ne pouvons pas nous contenter de renvoyer nos concitoyens à
des changements lointains, donc incertains.
C’est la bataille de nos villes populaires, aux portes de Paris. Oui les ouvriers, les employés, les retraités qui
habitent ici ont le droit à une ville moderne, à une ville rénovée, à une ville ayant plus et mieux de services publics pour répondre aux besoins des habitants
Ainsi, les villes françaises sont promises à une sévère cure d’austérité, alors même qu’il faudrait donner aux
collectivités les moyens de contribuer au développement social, économique, humain de notre pays
La faute, à la crise, nous dit Sarkozy.
Mais, l’explosion des inégalités, de la précarité, de la pauvreté, nous la voyons déjà tous les jours. C’est cela qui
ronge notre pays. Il faut en finir avec l’insécurité sociale générée par le système du profit.
Car, je peux vous le dire, ce n’est pas la crise pour tout le monde ! Dans mon métier où j’assiste les élus du
personnel de nombreuses entreprises privées afin qu’ils puissent comprendre les comptes de la société dans laquelle ils travaillent, je suis effarée de cette indécence. Oui, les actionnaires se
goinfrent ! Ils doublent leurs dividendes, ils explosent la spoliation des entreprises, ils piquent toute la valeur ajouté, laissant des miettes parfois aux salariés, interdisant les
investissements utiles, les embauches, les formations. Alors à n’en pas douter leur représentant, le Président Nicolas Sarkozy va tout faire pour les aider dans leur entreprise de pillage des
richesses. Dimanche, il va envahir cinq chaînes de télévisions et il va nous demander de nous serrer la ceinture, c’est sûr. Mais comment voulez-vous que nous nous la serrions encore ? Nous
avons déjà dépassé le dernier cran ! Et puis, il va demander aux plus modestes, encore, de payer leurs politiques désastreuses. Il nous prépare l’annonce d’une nouvelle hausse de la TVA de
1,6 points, en la portant à 21,2%. Ce serait un nouveau et surtout triste record en France.
Alors, non, je vous appelle à ne pas vous résigner. Nos vies valent mieux que la satisfaction d’un actionnaire, l’argent
existe pour faire autrement, pour mettre en place d’autres politiques garantissant à chaque personne le droit de travailler, de s’éduquer, de se loger, de se soigner. Oui il est urgent de
changer, pour lutter contre le chômage, la précarité.
En disant cela, je pense plus particulièrement aux jeunes. Ils sont aujourd’hui les plus touchés par les politiques
gouvernementales de Sarkosy et seront les premières victimes de cette crise. Ils sont nombreux dans notre ville. Il y a quelques jours, lors d’une rencontre avec Jean Pierre, nous avons discuté
avec deux jeunes filles qui cherchent du travail. Elles nous ont fait part avec dignité et avec colère de leurs souffrances. A l’image de beaucoup, elles n’en pouvaient plus de devoir en rabattre
sur leurs exigences et de se contenter d’une école de l’échec, de petites formations, de petits boulots, d’un avenir « sans avenir ».
Je crois, justement, que leur avenir, leur orientation, leur envie de réussir c’est la première des richesses de notre
ville et de notre pays!
A Bagnolet, nous avons fait l’expérience depuis 2 ans que nous pouvons agir concrètement en portant les projets de vie
de chaque jeune, en créant avec eux les conditions de la réussite, en travaillant sur leurs besoins et leurs rêves.
Oui, je dis leur rêve, mais savez-vous combien ils sont humbles, modestes ces rêves : fonder un foyer, avoir un
travail intéressant, un salaire normal, ne pas être au chômage ou en galère ! Voilà en substance ce à quoi rêvent les jeunes de Bagnolet et de nos banlieues. Et aujourd’hui, cela leur
apparaît inaccessible ! Et si l’on est noir, si l’on est beur, si l’on réside dans une cité, si l’on est différent alors il faut en plus, faire face à la discrimination ! Aujourd’hui,
on ne propose à notre jeunesse que les impasses de la vie, les reculades de société, les liquidations d’ambitions, basée sur des logiques d’exclusion qui nourrissent le rejet et obscurcissent le
futur…C’est intolérable et c’est un gâchis immense !
Avec les contrats réussite jeunes que nous avons mis en place à Bagnolet, nous cherchons les moyens de répondre aux
rêves de nos jeunes, mais nous ne voulons pas nous contenter de réponses administratives ou financières. Nous travaillons à une forme originale d’engagement réciproque pour que leurs attentes
soient l’objet d’une mobilisation collective, d’une démarche solidaire qui concerne l’ensemble des habitants et des acteurs de la ville.
A travers ces actions, et dans nos rencontres avec chaque jeune, je vous le dit, on est bien loin, alors, de cette
France et de cette banlieue telle que la décrit Sarkosy, où l’on stigmatise les jeunes et plus particulièrement les jeunes immigrés en « racailles » qui seraient la source de tous
maux.
Permettez-moi une digression qui me tient à cœur. Nous ne pouvons pas laisser continuer à stigmatiser les jeunes de nos
quartiers et plus généralement les immigrés qui vivent dans notre pays.
Certains y voit l’échec du modèle d’intégration à la française, d’autres le refus obstiné d’intégrer la république et
ses valeurs.
Moi ce que je vois surtout c’est l’universalisme de la République française confisquée par le patronnât, les banquiers
et les spéculateurs qui tous les jours mettent à mal ces belles valeurs que sont Liberté, égalité et fraternité. J’y vois surtout l’échec du capitalisme qui est un système d’exploitation et de
domination qui sévit très largement, au-delà des seuls immigrés.
Et ne nous y trompons pas, qui a intérêt à ces stigmatisations, ces peurs, ces fabriques de clandestinité :
politiquement Sarkozy et le Pen ; économiquement le MEDEF ! En effet, il est tellement plus rentable d’embaucher un clandestin qui va suer sang et eau pour une poignée d’euro, sans être
déclaré à la sécu, sans cotisations sociales, sans droit, sans toit. Oui, le patronat surexploite cette main d’œuvre pour aider à briser les reins de la révolte, de la lutte des classes, de la
conscience de la force du tous ensemble. Voilà pourquoi ils ont besoin de la haine et de la stigmatisation.
Non l’immigration n’est pas le problème de nos banlieues. Sans elle, nous nous priverions d’une richesse inouïe, d’une
intelligence, d’une capacité à produire, à innover, nous nous racornirions dans notre coin. Ils apportent aussi cette diversité qui nous fait découvrir tant de choses.
La connaissance de nouvelles cultures, l’approche de nouveaux savoirs est-il oui ou non
enrichissant ?
C’est la troisième question que je voulais évoquer avec vous celle du partage des savoirs, de la culture et du vivre
ensemble. Car la culture sert quand même à cela : vivre ensemble et se comprendre. C’est l’outil indispensable de nos banlieues, là où peut se confronter l’éducation, le lien social, l’identité,
la création, la société d’information. Et elle joue un rôle irremplaçable : celui d’interroger le monde et la manière dont il se construit
Nous sommes une ville pétrie de culture. Les créateurs s’y plaisent, y vivent, y travaillent. Ils permettent que
s’élabore au présent, une identité ouverte et généreuse alors que d’autres ne la conçoivent que rabougrie et recroquevillée sur elle-même !
D’ailleurs, je vous invite, lundi, au Cin’hoche, à assister au concert de l’Orchestre national de musiques arabes de
Palestine. Après avoir disparu pendant des années, en même temps que leur Etat, les palestiniens ont réussi à reconstituer leur orchestre, pour retrouver et faire partager les socles de la
musique palestinienne. Par la diffusion de cette musique, de leur culture, ils réalisent un acte profondément politique, d’existence, de reconnaissance de leur identité, de résistance contre la
colonisation.
C’est la première fois que cet orchestre se déplace en France et nous sommes fiers à Bagnolet d’être une des 6 villes
qui l’accueille.
On le voit avec cet exemple, la culture est la plus belle et la plus profonde des émancipations et toutes nos politiques
doivent permettre l’émancipation de l’individu, des carcans qui pèsent sur lui.
Regardez l’acharnement de la droite contre l’école et la culture. Elle
supprime l’enseignement de l’histoire et de la géographie dans les classes scientifiques, elle rabougrit le corps enseignant en ne le formant pas, puis en supprimant des postes et des classes.
Elle organise la casse des services publics de la culture. Ce ne sont pas des choix uniquement budgétaires.
Oui le savoir éclaire la conscience, oui la culture est un des enjeux de pouvoir. La droite perçoit dans le fait
culturel un danger sérieux. Elle fait le choix du dogme de dépression intellectuelle plutôt que de donner une vraie dimension de partage de savoir, d’enrichissement des
connaissances.
Au contraire, faisons alors de la culture le pari du vivre ensemble, des solidarités. Oui quel enrichissement nous
trouvons dans l’autre, quelle générosité aussi et quelle vraie humanité. C’est de cela dont nous avons besoin pour vivre ensemble, de l’humanité. C’est cette fusion, cette communion qui est plus
forte que toutes les spéculations du monde. C’est aussi, avec cette humanité, placée au cœur de projets que nous pouvons la rétablir dans ses droits, c’est à dire au dessus de la
rentabilité !
C’est une question éminemment politique. Mettre l’humain avant tout, comme le fait Jean Luc Mélenchon au nom du Front de
Gauche. On ne vit pas pour l’argent, on vit pour le bonheur. Ne pas en prendre conscience n’aide pas à lutter, ne pas lutter, c’est se laisser broyer.
Alors j’invite tout le monde et plus particulièrement les jeunes à faire de la politique, à s’engager dans les campagnes
électorales qui viennent, à faire valoir leur avis, leurs aspirations. Tout ce qui appartient à l’espace humain est politique. Rien n’est préfabriqué, rien n’est déterminé à l’avance dès lors que
les peuples s’engouffrent à prendre leur avenir à bras le corps.
Je le disais, au tout début, à Bagnolet, nous avons déjà fait l’amère expérience de ne pas pouvoir compter sur une
véritable représentation à l’Assemblée nationale. Pire, trop souvent notre député a été un adversaire, instruisant division et relégation.
A l’heure où la crise économique frappe de plein fouet les habitants de Bagnolet comme ceux de toute la France, il est
urgent de faire rentrer nos quartiers populaires dans l’hémicycle.
Devant cette société en panne, nos ambitions, nos luttes et les richesses de notre ville doivent trouver leur porte
voix
Je sais que des candidats voudraient utiliser notre territoire comme marche ou plutôt comme escaliers pour leurs
ambitions personnelles. Et pour tout vous dire, quand je vois que le candidat socialiste de notre circonscription choisit comme première initiative de campagne d’inviter Mr Riboud, patron d’Evian
et Danone, élève assidu des universités d’été du MEDEF, qui culmine à 6 millions d’euro de revenus annuels, il est alors bien loin des préoccupations des ouvriers, des employés, des jeunes et des
retraités de notre ville qui chaque fin de mois compte le nombre d’euros qui leur manque ou qu’ils ont réussi à économiser.
Non, pour Bagnolet, nous avons besoin d’un député qui défende les classes populaires, les familles modestes, les
catégories moyennes et qui donne priorité à des actions pour la justice sociale, pour la réussite des jeunes, pour une vraie culture, enfin qui porte nos, vos, aspirations ! et je sais que
nous pourrons compter sur Jean Pierre Brard.
Alors amis et camarades, avec Jean Pierre Brard député, je vous le garantis, Bagnolet fera résonner les voûtes du
parlement, les sans-voix y crieront leurs exigences, le peuple y fera valoir ses droits et ses besoins !
Bagnolet, le 28 janvier 2012.