Cher(e)s ami(e)s,
Ce n'est ni l'envie de débattre ni les enjeux
qui manquent dans cette élection européenne. La rencontre, passionnée et sans tabou, mardi 25 mai à la Parole Errante, centre international de création dirigé par Armand Gatti à Montreuil, avec
plus d'une centaine d'artistes, de poètes, de réalisateurs et d'acteurs culturels m'en a, une nouvelle fois, apporté la preuve. Cette rencontre a fait chaud au cœur par la qualité de vos
remarques et propositions.
Pourtant, nous sommes maintenant à quelques
jours du scrutin de cette étrange campagne électorale. Toujours aucun débat contradictoire dans les médias pour permettre au citoyen de se construire son opinion. Et tant d'enjeux absents dans ce
qui affleure des projets des différentes listes. C'est notamment le cas pour les arts et la culture.
La rencontre de la Parole Errante m'a renforcée
dans l'idée qu'un projet
transformateur ne pouvait se crédibiliser qu'en
mettant en son cœur l'art et la culture, leur capacité à nous faire pressentir ce que le présent et l'avenir portent, leur capacité à créer les symboles qui nous permettent de penser
l'espoir.
C'est complètement à rebours de ce qui est à
l'œuvre dans l'Union européenne : marchandisation des biens communs, concurrence de tous avec tous, instrumentalisation de l'art comme de la pensée au profit du prestige, de la domination
idéologique et de la financiarisation. Est- ce vraiment de ce côté-ci qu'on trouve les « vrais défenseurs de l'Europe »?
Permettez-moi de vous dire ma colère contre
l'accord de libre échange qui se trame entre la Corée et l'Union européenne et entre le Canada et l’Union européenne. Il réintroduit en catimini comme de simples marchandises l'art et les œuvres
de l'esprit. Vos batailles notamment avaient pourtant permis d'en faire reconnaître le statut particulier dans la Charte de l'UNESCO.
Elu au Parlement européen, avec vous, je
défendrai la diversité culturelle dont l'exception aux règles du marché est aujourd'hui la garantie. Je défendrai une compétence européenne reconnue dans le domaine culturel, en complémentarité
avec celles des Etats. Je défendrai un budget à la hauteur de cette nécessité et du besoin qu'ont les œuvres et les artistes de circuler, de coopérer.
Cette conception s'inscrit logiquement dans des
batailles visant à changer d'Europe, à nous débarrasser de l'enserrement des dogmes libéraux, à repousser le Traité de Lisbonne qui érige en absolu indépassable « le marché ouvert où la
concurrence est libre et non faussée ».
Nous voulons penser et faire advenir d'autres
logiques entre citoyens et
gouvernants, entre peuples européens et avec la
planète. Nous faisons des propositions concrètes en ce sens.
Ce sont ces fondements qui nous réunissent dans
le Front unitaire de Gauche, qui regroupe le Parti communiste, le Parti de Gauche et la Gauche Unitaire, issue du NPA ainsi que ces milliers de syndicalistes, personnalités du monde associatif,
culturel et intellectuel ou simple citoyen. Ce n'est pas un coup électoral, c'est le projet et la volonté de construire du neuf à gauche. C'est un processus qui doit être durable et qui doit
s'élargir encore.
Nous voulons donner un nouveau cours et un
nouveau sens à la construction européenne, plaçant en son cœur un nouveau contrat social, solidaire, écologique, féministe, et d’action pour la paix. Cela implique de lancer le débat pour un
nouveau traité élaborée avec et pour les peuples, dans leurs diversités.
Mardi dernier j'ai pris devant vous un
engagement : nous rencontrer chaque année à l'occasion d'un Forum pour vous écouter, concrétiser les liens que nous devons avoir régulièrement et m'en inspirer dans mon activité de
parlementaire.
Ce n'était pas une parole en l'air. C’est ma
conception de l’action au service de toutes et tous, pour faire société et monde ensemble.
Vous pouvez compter sur moi.
Patrick Le Hyaric
Directeur de l’Humanité
Tête de liste du Front de Gauche
En Ile de France