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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 18:44

Hier soir s’est tenue une nouvelle réunion publique, organisée par la majorité municipale, sur la modification du Plan Local d’Urbanisme. Peut-être vous lecteur de ce blog n’avez-vous pas vu passer cette information. Mais comment vous blâmer tant la communication autour de cette concertation publique s’est faite à minima, et au tout dernier moment. La majorité aurait eu la volonté de limiter l’affluence à cette réunion qu’elle ne s’y serait pas prise autrement.

Le Maire et deux de ses adjointes ont fait preuve de contorsion rhétorique assez exceptionnelle pour tenter de justifier le reniement d’un engagement, la REVISION du PLU et non sa simple modification. Ces termes quelque peu techniques recouvrent une profonde et simple question politique : Donner, grâce à la révision le temps au débat public, permettre le cas échéant une transformation profonde du PLU et si nécessaire la remise à plat de projet immobilier en cours de lancement. En résumé faire toute sa place à la démocratie, la co-élaboration citoyenne pour une véritable maitrise publique de notre territoire. D’après cette majorité, les villes de Montreuil et des Lilas qui ont, elles, fait le choix de la révision, seront amenées à l’abandonner en cours de route... Monsieur Taravella, adjoint au finance, nous a ainsi doctement expliqué, que peu importe la procédure seul compte le résultat. Donner le temps au débat, pour informer, détailler les explications et recueillir un avis large de la population, ne semble pas faire partie du « résultat » pour notre élu. « L’efficacité démocratique » passe en perte et profit. On atteint là un niveau d’arrogance rare.

Au niveau national on nous explique que l’utilisation du 49.3 est gage d’efficacité. À Bagnolet nous avons eu droit à une resucée de cette argumentation boiteuse, qui masque en réalité une volonté de passage en force.

Car il convient de rappeler que la loi du Grand Paris, dite NOTRE, va confier aux Etablissements Publics Locaux ( Est Ensemble pour notre territoire) la poursuite des procédures déjà engagées par les communes. Ces établissements publics locaux, sont composés de représentants des conseils municipaux, dont parmi les 9 conseillers communautaires de Bagnolet M. Di Martino. On voit mal Est Ensemble, et son Président socialiste à la tête d’une majorité de gauche, entraver une procédure démocratique entamée dans les villes qui la compose. C’est bien mal préjugé des intentions de la direction politique d’Est Ensemble, dont le but n’est pas d’imposer quoi que ce soit aux villes, mais plutôt de travailler les synergies et les coopérations. Les Maires des Lilas et de Montreuil n’ont en tout cas pas du tout la même analyse que celle de M. Di Martino, et nous sommes enclins à leurs accorder en la matière plus de clairvoyance.

Notre Maire qui avait engagé la ville dans une sorte de bras de fer avec l’Etat sur la question des rythmes scolaires, en affirmant qu’il réussirait à obtenir un délai, avec le piteux résultat que l’on connait, refuse de faire valoir sa légitimité démocratique à Est Ensemble. Sur le Plu comme à l’époque sur l’histoire des rythmes scolaires, nous ne pouvons que relever de la part du M. Di Martino un grossier écran de fumée pour masquer et fuir ses responsabilités.

Pourtant une intervention citoyenne forte sera nécessaire sur cette question du PLU. Nombreux sont les sujets d’inquiétudes : l’avenir du centre municipal de santé, qui est intégré à un périmètre de construction pouvant atteindre 28 mètres. De quoi aiguiser les appétits de nombreux promoteurs ! Le stade de la Briqueterie, dont on nous annonce une étude pour réfléchir sur l’opportunité d’y installer un collège. Quid du devenir de l’actuel collège travail, véritable patrimoine de notre ville, et de nos équipements sportifs de la Briqueterie ? Et lorsque que l’on sait que les collèges sont dorénavant construits par le département dans le cadre de Partenariat Public Privé, une véritable gabegie dénoncée par plusieurs rapports parlementaire, il y a de quoi redoubler nos inquiétudes . L’avenir du 82 Anatole France , résidence HLM au loyer très peu élevé, une offre qui correspond à des familles particulièrement modestes, devient incertain. La municipalité parle de réhabilitation lourde voir de reconstruction, mais sans aborder le devenir des actuels locataires. La multiplication des résidences étudiantes semble être un fait acquis. Or de très nombreuses opérations de ce genre, apparaisset moins soucieuses de répondre à une demande, que de réaliser une opération financière, voir spéculative. Les emplacements réservés, pour permettre la réalisation d’équipement public, comme éventuellement des écoles, sont réduits à la portion congrue.

On attend toujours les résultats de l’étude scolaire pour pouvoir anticiper l’évolution de la population et ainsi prévoir les équipements nécessaires. L’écueil de cette navigation à vue aurait pu être empêché par la procédure de révision.

Force est de constater que le respect de ses engagements initiaux aurait permis à cette majorité d’être bien plus « efficace ». Au-delà de ces quelques exemples, de très nombreuses questions restent donc en suspens.

Nous y reviendrons pour porter nos propositions. D’ici là les bagnoletais sont invités à faire part de leurs observations auprès du commissaire enquêteur dans le cadre de l’enquête publique ( enquete.publique@ville-bagnolet.fr ou par courrier à la mairie). Enquête publique démarrée le 14 septembre et qui se clôture le 14 octobre. Une véritable course de vitesse qui ne grandit pas notre démocratie locale.

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